Toxine botulique de type A, baclofène et risque de chutes, dysphagie, pneumopathie et décès chez les patients atteints de spasticité
- Dessort, Hélène (2019)
Thèse d’exercice
- Type de document
- Thèse d'exercice
- Diffusion
- Accès libre
- Titre en français
- Toxine botulique de type A, baclofène et risque de chutes, dysphagie, pneumopathie et décès chez les patients atteints de spasticité
- Auteur
- Dessort, Hélène
- Directeur de thèse
- Montastruc, François
- Date de soutenance
- 2019-11-29
- Établissement de soutenance
- Université Toulouse III - Paul Sabatier
- Faculté
- Purpan
- Sujet
- Médecine spécialisée
- Mots-clés en français
- Toxine botulique de type A
- Baclofène
- Pasticité
- Effet indésirable
- Pharmacovigilance
- Gériatrie
- Résumé en français
-
Introduction : les injections intramusculaires de toxine botulique de type A (BoNT-A) et le traitement par baclofène par voie orale sont couramment utilisés dans le traitement de la spasticité. Le profil de sécurité de chaque médicament par rapport à l'autre et leur tolérance chez les personnes âgées ne sont pas bien connus. Par conséquent, nous avons cherché à déterminer si les injections de toxine botulique chez les patients spastiques étaient associées à un risque accru de dysphagie, de chutes, de pneumonie ou de décès par rapport au traitement par baclofène avec une analyse en sous-groupe dans la population gériatrique. Nous avons sélectionné ces quatre effets indésirables car pourvoyeurs de morbi-mortalité, notamment chez le sujet âgé. Ils ont déjà décrits pour la toxine botulique et peuvent être suspectés pour le baclofène de par ses mécanismes pharmacologiques (faiblesse musculaire, action anticholinergique...).
Méthode : nous avons mené une étude observationnelle à partir de Vigibase(r), la base de données internationale de pharmacovigilance de l'OMS. Nous avons étudié les rapports des quatre effets indésirables d'intérêt durant la période de
2008 à 2018, chez les patients traités par injection intramusculaire de toxine botulique ou par baclofène par voie orale dans l'indication de la spasticité. Nous avons effectué une analyse de disproportionnalité permettant d'estimer un risque de déclaration de chaque effet indésirable pour le groupe toxine botulique versus baclofène en calculant un Odds Ratio avec intervalle de confiance à 95%. Pour prendre en compte les facteurs de confusion, nous avons fait une analyse multivariée en ajustant sur les variables suivantes : l'âge, le sexe, la provenance (Etats-Unis), le type de rapporteur (médecin) et le nombre de traitement associé. Des analyses secondaires ont été effectuées chez les cas âgés de plus de 65 ans.
Résultats : nous avons trouvé 409 cas pour la toxine botulique et 575 cas pour le baclofène avec respectivement 106 (25,9%) et 33 (5,7%) des quatre effets indésirables d'intérêt. Comparativement au baclofène, on retrouvait un risque accru de déclaration de dysphagie (ROR 10,3; IC 95% 5,3 - 23,1), de pneumonie (ROR 4,03; IC 95% 1,6 - 10,6) et de décès (ROR 10,8;
95 % IC 3,4 - 4,8) chez les patients traités par toxine botulique. Chez les patients âgés de 65 ans et plus, nous avons constaté un risque accru de dysphagie (ROR 6,39; IC 95% 2,31-20) et de chutes (3,94 ROR; IC 95% 1,16-15,08).
Conclusion : notre étude suggère un risque plus élevé de déclaration de dysphagie, de pneumonie et de décès chez les patients traités par toxine botulique comparativement au baclofène. Ce sur-risque est moindre chez les personnes âgées, ce qui suggère que le profil de sécurité d'utilisation du baclofène chez cette catégorie de patients est moins bon que chez les patients plus jeunes. - Résumé en anglais
- Background: intra muscular injections of botulinum toxin type A (BoNT-A) and oral baclofen are commonly used in spasticity treatment, but the safety profile of each drug compared to the other and their tolerance in the elderly are not well known. Therefore, we aimed to investigate whether BoNT-A used in patients, particularly in elderly, with spasticity was associated with an increased risk of reporting dysphagia, falls, pneumonia and death when compared to baclofen. Methods: we performed an observational study within Vigibase(r), the WHO's global database of individual case safety reports, from 2008 to 2018 to compare the cases of four adverse drug reactions (ADRs) of interest reported in patients with spasticity exposed to intramuscular injection of BoNT-A with those reported in patients exposed to oral baclofen. We conducted a disproportionality analyse allowing the estimation of reporting odds ratios along with their 95% confidence interval of the exposure odds among spontaneous reporting of side effects to the exposure odds among other reported side effects. Secondary analyses were performed according to age group. Results: we found 409 cases for BoNT-A and 575 cases for baclofen with respectively 106(25.9%) and 33(5.7%) ADRs of interest. Compared with baclofen, the use of BoNT-A was associated with an increased risk of reporting dysphagia (ROR 10.3; 95% CI 5.3 - 23.1), pneumonia (ROR 4.03; 95% CI 1.6 - 10.6) and death (ROR 10.8; 95% CI 3.4 - 4.8). In patients of 65 years and older, we found an increased risk of reporting dysphagia (ROR 6.39; 95%CI 2.31-20) and falls (ROR 3.94; 95%CI 1.16-15.08). Conclusions: our study suggests a higher risk of dysphagia, pneumonia, and death using BoNT-A than baclofen. This over-risk decreases in the elderly, suggesting that the safety profile of baclofen is worse in elderly patients than younger patients.
- Date de publication
- 2020-10-02T13:09:41
Citation bibliographique
Dessort, Hélène (2019), Toxine botulique de type A, baclofène et risque de chutes, dysphagie, pneumopathie et décès chez les patients atteints de spasticité [Thèse d’exercice]